analyse critique du Pays de l'horizon lointain sur le site de La Viduité

Il est paru une analyse critique extrêmement fouillée et intelligente du Pays de l'horizon lointain sur le site de La Viduité.


(…) En ses très brefs chapitres, Le pays de l’horizon lointain décrit ce qui nous échappe, les soubresauts du plaisir, les tumultes de l’histoire collective, tous les symboles dont on se leurre pour affronter perte et passage du temps.
(…) La naissance du capitalisme est schizophrène. Le pays de l’horizon lointain sait montrer toutes les faces de cette même pièce. Le côté lumineux d’un désir de savoir, de compréhension, les Lumières contre les ténèbres de la superstition, côté obscur, le protestantisme et son éthique du capitalisme (un élu amasse de l’argent) mais aussi face à la classification de la Nature s’oppose le cabinet de curiosité. On entasse et on cède à l’étrange. À la philosophie des Lumières, l’horizon du roman dessine déjà la montée du romantisme, son goût du faux ou nom du pittoresque, de la couleur locale mais aussi d’une revendication d’une histoire propre chez les nations en souffrance comme celle écossaise. 
(…) Une angoisse que ce roman nous permet de comprendre : « Dans l’éternel présent de leur cabinet, ils n’étaient toutefois que de simples obsédés de la caducité des choses. » Tout romancier, in fine, ne fait pas mieux que Walter Grassie : il paie en fausse-monnaie son acharné refus du temps perdu. Insistons encore sur le fait que Le pays de l’horizon lointain parvient à n’être pourtant nullement théorique : le lecteur se laisse porter par les autres évidences effleurées dans le voyage par Walter, sa quête des sens, son amour éperdu et l’élégante mélancolie qui enchante les pages de ce bref roman.