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L'Humanité - Critique du Pays de l'horizon Lointain

Très belle chronique de Jean-Claude Lebrun, parue dans L'Humanité du jeudi 5 mars, sur « Le Pays de l'horizon lointain ». Il souligne certaines perspectives et références qui structurent le roman.



"Cet élégant petit livre mérite assurément l'attention."


"Les références cachées jalonnent en effet le récit qu'Alain Gnaedig déroule à la façon d'un calendrier, avec des dates en tête des courts chapitres. Ainsi, le 21 juin 1791, Walter Grassie, maintenant revenu au pays, s'il avait "à nouveau tenu un journal", signale malicieusement le narrateur, "aurait été tenté d'écrire “rien”". À l'instar de Louis XVI le 14 juillet 1789. Ce 21 juin 1791, celui-ci était justement arrêté à Varenne…"



"Il assiste au grand spectacle d'une rupture historique, en décrit et dessine des épisodes, sans forcément en saisir tout le sens. Mais il en consigne minutieusement les symptômes, en voyageur toujours curieux. Ce fut pour lui d'abord une "orgie de sensations", en illustration du matérialisme des Lumières, pour lequel les idées ne peuvent venir que des sens. Locke n'est pas loin. Tout comme Stendhal, dans l'écriture de ce texte subtil et délicat, magistralement composé, qui interroge les modalités de notre inscription dans l'Histoire"


https://www.humanite.fr/la-chronique-litteraire-de-jean-un-homme-des-lumieres-685723

analyse critique du Pays de l'horizon lointain sur le site de La Viduité

Il est paru une analyse critique extrêmement fouillée et intelligente du Pays de l'horizon lointain sur le site de La Viduité.


(…) En ses très brefs chapitres, Le pays de l’horizon lointain décrit ce qui nous échappe, les soubresauts du plaisir, les tumultes de l’histoire collective, tous les symboles dont on se leurre pour affronter perte et passage du temps.
(…) La naissance du capitalisme est schizophrène. Le pays de l’horizon lointain sait montrer toutes les faces de cette même pièce. Le côté lumineux d’un désir de savoir, de compréhension, les Lumières contre les ténèbres de la superstition, côté obscur, le protestantisme et son éthique du capitalisme (un élu amasse de l’argent) mais aussi face à la classification de la Nature s’oppose le cabinet de curiosité. On entasse et on cède à l’étrange. À la philosophie des Lumières, l’horizon du roman dessine déjà la montée du romantisme, son goût du faux ou nom du pittoresque, de la couleur locale mais aussi d’une revendication d’une histoire propre chez les nations en souffrance comme celle écossaise. 
(…) Une angoisse que ce roman nous permet de comprendre : « Dans l’éternel présent de leur cabinet, ils n’étaient toutefois que de simples obsédés de la caducité des choses. » Tout romancier, in fine, ne fait pas mieux que Walter Grassie : il paie en fausse-monnaie son acharné refus du temps perdu. Insistons encore sur le fait que Le pays de l’horizon lointain parvient à n’être pourtant nullement théorique : le lecteur se laisse porter par les autres évidences effleurées dans le voyage par Walter, sa quête des sens, son amour éperdu et l’élégante mélancolie qui enchante les pages de ce bref roman.

Le Pays de l'horizon lointain

Le Pays de l'horizon lointain



Édimbourg, 1768 : Walter Grassie naît dans une famille de
bourgeois écossais qui le destine à devenir avocat. Lors
de son Grand Tour, il assiste à la Révolution française,
qu’il ne voit pas d’un très bon œil, puis continue par l’Italie,
à Venise, où il découvre l’absinthe et les cabinets de curiosités
les plus divers, l’opium et la franc‑maçonnerie.
De retour en Écosse, il rencontre l’amour : Fiona, qu’il épouse
et promet de toujours aimer…
Ce roman questionne l’inscription de l’histoire individuelle
dans l’Histoire. Il souligne la rencontre de l’ordinaire et
de l’historique, questionne la nature du monde et celle du
réel, la place de l’homme en leur sein : voilà ce que sont
les grands et les petits événements, l’Histoire et la vie de chacun.

Le Pays de l'horizon lointain

Voilà, ces derniers jours, j’ai corrigé les épreuves de mon troisième roman, « Le Pays de l’horizon lointain », à paraître au début février prochain, aux Éditions Joëlle Losfeld.
Dois-je ajouter que je suis content? Et que corriger ces épreuves n’en fut pas une?
J’en reparlerai au cours des semaines et des mois à venir…
Patience!

Astrid Lindgren - Une Fifi Brindacier dans le siècle

Ce mercredi verra la parution de ma traduction de la remarquable biographie que Jens Andersen a consacré à Astrid Lindgren. En plus d’avoir été la créatrice de personnages et de livres inoubliables - de Fifi Brindacier à Emil de Lönneberga en passant par Ronya et bien d’autres -, Astrid Lindgren a été une personne emblématique de la Suède du XXe siècle. Indépendante, défenseuse infatigable des droits des femmes et des enfants, écologiste et agitatrice.
Et c’est ce que montre ce « Astrid Lindgren - Une Fifi Brindacier dans le siècle ». Il n’existait pas en français d’ouvrage consacré à Astrid Lindgren. Cette injustice est enfin réparée.

Une petite particularité: l’ouvrage est traduit à la fois du danois, car Jens Andersen écrit en danois, et du suédois - tous les textes, les extraits de lettres et de journaux sont traduits directement de l’original suédois.

Ce livre me tient à cœur, tout comme l’œuvre d’Astrid Lindgren me tient à cœur. Depuis 1994, j’ai traduit 13 livres d’elle, parmi lesquels les trois Fifi et les trois Emil.

Le livre sort aux Éditions Gaïa, et compte 471 pages illustrées par des photos. Il comporte également une bibliographie qui ravira les bibliothécaires.

Kim Leine - L'Abîme

« L’Abîme », de Kim Leine (Gallimard, collection Du Monde entier) est paru le 25 mai dernier.
Un roman qui montre des gens qui font la guerre, et ce que la guerre fait aux gens. Mais pas seulement cela. Ce roman épique, d’une vitalité particulièrement affirmée et rare, fait 630 pages très denses. S’il laisse le lecteur indifférent, il n’y a qu’une seule explication: ce lecteur a été lobotomisé.
J’ai eu la chance de passer deux jours en compagnie de Kim Leine, de mieux le connaître et de mieux le comprendre, ce qui me permettra de traduire encore mieux à l’avenir ce très grand écrivain.

Morten Strøksnes - Le livre de la mer, ou l'art de pêcher un requin géant à bord d'un canot pneumatique sur une vaste mer au fil de quatre saisons

Jeudi 2 février est paru Le Livre de la Mer, ou l'art de pêcher un requin géant à bord d'un canot pneumatique sur une vaste mer au fil de quatre saisons, le  livre de Morten Strøksnes que j'ai traduit du norvégien. On pourrait penser que le titre dit déjà tout. Ce n'est pas tout à fait exact... Reprenons:

Un soir de juillet, Morten Strøksnes reçoit un coup de fil de son ami Hugo Aasjord, artiste-peintre qui vit à Skrova, dans le nord de la Norvège. Ça y est, les conditions météo sont enfin idéales pour partir à la pêche au requin du Groenland. Deux jours plus tard, il a quitté Oslo. Commence alors la première de leurs quatre tentatives pour capturer un spécimen de cet animal méconnu, qui hante les mers polaires. Leur quête va courir sur un an, au fil des saisons, au cœur des îles Lofoten, haut lieu de la pêche à la morue. Eux, ils veulent pratiquer la pêche à l’ancienne, avec une ligne et un hameçon gros comme un croc de boucher, avec pour appât un bout de carcasse de bœuf ou un morceau de graisse de baleine. À bord du Bombard d’Hugo, ils vont affronter les éléments, les vents, les tempêtes, l’attente, les pannes de moteur, les échecs, et ils vont connaître l’ivresse du combat contre une bête d’une tonne. Et leur pêche leur apprendra que la nature triomphe toujours de l’homme.

Le Livre de la mer, c’est bien sûr le récit d’une année de pêche au requin du Groenland, pleine d’émotions, de joies et de frustrations, mais c’est aussi un ouvrage documentaire où s’entremêlent la vulgarisation de qualité, la défense de l’environnement, les observations insolites et surtout, des bonnes histoires sur la mer. Une mer qui est examinée et étudiée à travers l’Histoire, les récits, la science, la poésie et les mythes. Une mer des origines, une mer nourricière, une mer qui recèle une faune immense. Pour l’auteur, cette mer est une source inépuisable d’étonnement, de découvertes et d’aventures. Qu’il s’agisse du plancton ou du cachalot, de la construction des phares ou de l’évolution de la biologie marine, Morten A. Strøksnes en parle avec la même passion et la même intuition poétique.

Parution de Jésus de Nazareth - Peter Madsen

La parution de Jésus de Nazareth, réédition de la bande dessinée de Peter Madsen, a eu lieu le 17 décembre, et non le 25 décembre, ce qui aurait peut-être été plus fort d'un point de vue symbolique. Ce sont les Éditions Scriptura - Bibli'o qui ont eu la bonne idée de ressusciter ce bel album sorti chez Delcourt en 1995. Il avait reçu le Prix de la BD Chrétienne au Festival d'Angoulême en 1996.

Fifi Brindacier, nouvelle Intégrale

Une nouvelle Intégrale des aventures de Fifi Brindacier vient de paraître chez Hachette Romans.

Elle contient les trois livres Fifi Brindacier, Fifi Princesse et Fifi à Couricoura

Cette nouvelle éditions comporte des illustrations en grand format et en couleurs d'Ingrid Vang Nyman qui n'étaient pas présentes dans les éditions précédentes.