Le Pays de l'horizon lointain

Le Pays de l'horizon lointain



Édimbourg, 1768 : Walter Grassie naît dans une famille de
bourgeois écossais qui le destine à devenir avocat. Lors
de son Grand Tour, il assiste à la Révolution française,
qu’il ne voit pas d’un très bon œil, puis continue par l’Italie,
à Venise, où il découvre l’absinthe et les cabinets de curiosités
les plus divers, l’opium et la franc‑maçonnerie.
De retour en Écosse, il rencontre l’amour : Fiona, qu’il épouse
et promet de toujours aimer…
Ce roman questionne l’inscription de l’histoire individuelle
dans l’Histoire. Il souligne la rencontre de l’ordinaire et
de l’historique, questionne la nature du monde et celle du
réel, la place de l’homme en leur sein : voilà ce que sont
les grands et les petits événements, l’Histoire et la vie de chacun.

Le Pays de l'horizon lointain

Voilà, ces derniers jours, j’ai corrigé les épreuves de mon troisième roman, « Le Pays de l’horizon lointain », à paraître au début février prochain, aux Éditions Joëlle Losfeld.
Dois-je ajouter que je suis content? Et que corriger ces épreuves n’en fut pas une?
J’en reparlerai au cours des semaines et des mois à venir…
Patience!

Mer blanche - Roy Jacobsen

Jeudi 7 mars, ce sera la sortie de Mer blanche, le magnifique roman de Roy Jacobsen. Roman que j’ai traduit du norvégien et édité chez Gallimard.
C’est la suite des Invisibles, et l’on y retrouve Ingrid Barrøy en novembre 1944, dans la Norvège occupée. Ingrid a quitté l’île où elle vivait seule, pour être ouvrière à l’usine de poissons sur le continent. Un travail abrutissant, plus de douze heures par jour, avec quelques heures de sommeil dans un grenier. Un jour, elle n’y tient plus et retourne sur son île de Barrøy. Elle a trente-cinq ans et se retrouve à nouveau seule sur ce petit bout de terre. Et c’est la grande Histoire qui vient s’échouer sur les rives de Barrøy, cette île qui semblait être hors du temps, et seulement soumise la mer, au temps et aux éléments.

Avec cette poésie qui n’est qu’à lui, Roy Jacobsen donne vie à des personnage qui luttent pour survivre, et qui restent debout, sans jamais renier leur dignité et la solidarité humaine.

***

Petit détail éditorial: la jaquette comprend désormais une présentation du traducteur. Ce sera désormais la règle pour la collection Du Monde Entier chez Gallimard et un moyen concret de rendre plus visibles ces traductrices et traducteurs qui œuvrent souvent dans l’ombre, mais sans qui les auteurs étrangers n’auraient pas de voix.

Sarah Sheppard - Requins - École des Loisirs

Le très intéressant album Requins, de Sarah Sheppard, vient de paraître à L’École des Loisirs. Je l’ai traduit du suédois. Sarah Sheppard est illustratrice et auteure, avec une formation en paléontologie, ce qui n’est pas courant pour une artiste.
L’album fait 45 pages en très grand format, richement illustrées et débordantes d’informations - vérifiées par des spécialistes de biologie marine -, de faits, d’histoires,
J’aime beaucoup traduire des livres comme celui-ci, parce que nous avons le devoir de faire de la vulgarisation scientifique de qualité, surtout à destination des plus petits.

Un petit rappel: chaque année, les requins tuent environ 5 hommes. Chaque année, l’homme tue 100 millions de requins.

Le précédent album Atlas pour Aventuriers de Sarah Sheppard a déjà été publié en France en 2017.

Astrid Lindgren - Une Fifi Brindacier dans le siècle

Ce mercredi verra la parution de ma traduction de la remarquable biographie que Jens Andersen a consacré à Astrid Lindgren. En plus d’avoir été la créatrice de personnages et de livres inoubliables - de Fifi Brindacier à Emil de Lönneberga en passant par Ronya et bien d’autres -, Astrid Lindgren a été une personne emblématique de la Suède du XXe siècle. Indépendante, défenseuse infatigable des droits des femmes et des enfants, écologiste et agitatrice.
Et c’est ce que montre ce « Astrid Lindgren - Une Fifi Brindacier dans le siècle ». Il n’existait pas en français d’ouvrage consacré à Astrid Lindgren. Cette injustice est enfin réparée.

Une petite particularité: l’ouvrage est traduit à la fois du danois, car Jens Andersen écrit en danois, et du suédois - tous les textes, les extraits de lettres et de journaux sont traduits directement de l’original suédois.

Ce livre me tient à cœur, tout comme l’œuvre d’Astrid Lindgren me tient à cœur. Depuis 1994, j’ai traduit 13 livres d’elle, parmi lesquels les trois Fifi et les trois Emil.

Le livre sort aux Éditions Gaïa, et compte 471 pages illustrées par des photos. Il comporte également une bibliographie qui ravira les bibliothécaires.

Kim Leine - L'Abîme

« L’Abîme », de Kim Leine (Gallimard, collection Du Monde entier) est paru le 25 mai dernier.
Un roman qui montre des gens qui font la guerre, et ce que la guerre fait aux gens. Mais pas seulement cela. Ce roman épique, d’une vitalité particulièrement affirmée et rare, fait 630 pages très denses. S’il laisse le lecteur indifférent, il n’y a qu’une seule explication: ce lecteur a été lobotomisé.
J’ai eu la chance de passer deux jours en compagnie de Kim Leine, de mieux le connaître et de mieux le comprendre, ce qui me permettra de traduire encore mieux à l’avenir ce très grand écrivain.

Jens Christian Grøndahl - Quelle n'est pas ma joie

C'est aujourd'hui que sort Quelle n'est pas ma joie, de Jens Christian Grøndahl. C'est le onzième roman du grand écrivain danois que j'ai traduit. Un roman subtil et fin, qui va réjouir ses lecteurs fidèles et enthousiasmer les nouveaux. Toujours publié chez Gallimard, dans la collection Du Monde Entier.

 

« Voilà, ton mari est mort lui aussi, Anna. Ton mari, notre mari. J’aurais aimé qu’il repose à côté de toi. »

Ellinor a soixante-dix ans. Elle vient de perdre Georg, son mari, et elle a rapidement décidé de vendre leur maison, dans la banlieue chic de Copenhague, afin de retourner vivre à Vesterbro, le quartier populaire de son enfance. Et Ellinor va se raconter. Elle s’adresse à Anna, sa meilleure amie, morte il y a une quarantaine d’années. Anna qui était la première femme de Georg. Et la maîtresse de Henning, son mari à elle. Anna et Henning ont été emportés par une avalanche dans les Dolomites, pendant des vacances que les deux couples passaient ensemble, au cours des années soixante.
Ce roman d’une vie vécue longuement à la place d’une autre mêle les surprises, la rancœur, l’agressivité et la jalousie. Et les regrets : « Nous, qui ne sommes plus aimés, nous devons choisir entre la vengeance et la compréhension », écrit ainsi Ellinor. Ce livre est une apostrophe, à la fois exercice de deuil, de mémoire et de réflexion, où le « tu » donne une immédiateté nouvelle à la palette de Jens Christian Grøndahl.

Roy Jacobsen - Les Invisibles


Aujourd’hui est sorti Les Invisibles, de Roy Jacobsen, traduit du norvégien, dans la collection Du Monde Entier, chez Gallimard.
Un livre que j’ai édité chez Gallimard, et un livre que j’ai traduit.
Je considère que c’est une de mes dix plus belles traductions, en trente ans de métier.
J’ai mis tout mon savoir-faire, tout mon artisanat et mon « art » au service d’un grand roman.
Oui, oui, oui, je n’ai pas peur de le dire. D’ailleurs, les Norvégiens se reconnaissent dans ce livre, à tel point que plus de 200 000 Norvégiens l’ont acheté - à l’échelle de la France, cela représenterait 2,4 millions de lecteurs. La critique norvégienne unanime a dit que ce livre était un chef-d’œuvre moderne. Il a été traduit dans une quinzaine de pays. Ces Invisibles est l’un des cinq titres sélectionnés dans le monde entier pour le Booker Prize en Angleterre…

Et il parle de quoi, ce bouquin, me direz-vous?
Les Invisibles suit la vie d’une famille extrêmement pauvre sur la minuscule île de Barrøy de 1913 à 1928, dans le Nord de la Norvège, en-dessous des Lofoten. Plus exactement, on va suivre Ingrid, de sa petite enfance jusqu’à ses vingt ans, lorsqu’elle hérite du « domaine », à la mort brutale de son père.
Les Barrøy vivent de leurs maigres terres, ils ont un peu de bétail, ils pêchent, font sécher le poisson et réutilisent tout ce que la mer peut drosser sur leurs rives. Pendant les quatre mois d’hiver, Hans, le père, participe à la pêche aux Lofoten, ce qui permet à la famille de disposer d’un peu d’argent liquide pour les produits de première nécessité. Mais Hans meurt soudain, à cinquante ans. Sa disparition est un choc pour les Barrøy. Sa femme Maria perd la tête peu après, on doit l’interner. Les enfants se retrouvent seuls, car la tante Barbro ne compte pas vraiment, étant « simple d’esprit ». Ingrid adopte deux orphelins recueillis par les Barrøy. Et les enfants doivent alors travailler encore plus, et « réinventer » leur subsistance. Quant à Ingrid, la mer est son aventure. Entre la pêche, les tempêtes et la pauvreté, elle possède les saisons, les oiseaux et l’horizon.
Les Invisibles est un roman sur une famille et des enfants forcés de grandir vite face aux éléments, face à une vie réglée par les besoins les plus simples. C’est un roman sur la fatalité et sur les ressources que les hommes montrent face à la rudesse du monde. La narration, où le laconisme est veiné de flamboyance poétique, accumule par touches subtiles des éléments qui viennent s’imbriquer pour former un tableau toujours plus vivant et profond, riche en métaphores. Et puis, il y a les vies de ces hommes et de ces enfants qui, sous la pression des éléments et du temps, deviennent des destinées. Et c’est tout le talent de Roy Jacobsen de rendre visibles « les invisibles ».




Tu m'attraperas pas! - Timothy Knapman & Simona Ciraolo

La semaine dernière est sorti cet album de jeunesse de Timothy Knapman, illustré par Simona Ciraolo et publié chez Pastel. Je l’ai traduit et adapté de l’anglais.
« Il était une fois Jackie, la souris la plus rapide du monde. Personne n’arrivait à l’attraper. Ni le renard, ni le loup, ni même l’ours. Tom le vieux chat, n’avait aucune chance non plus… Quoique… »
Oh, cela n’a l’air de rien, traduire pour les « petits ». Et bien, j’adore le faire, et je fais des traductions pour la jeunesse depuis toujours. Cela n’a l’air de rien, mais, justement, c’est compliqué de faire simple. (Surtout pour moi…) En fait, ce n’est pas compliqué, c’est complexe. C’est complexe de se mettre à la portée des tous-petits. En même temps, parce qu’il convient de se mettre à la place des « petits », cela me permet de rester « jeune » d’esprit, cela m’aide à éviter de devenir trop vite un vieux chat.

Morten Strøksnes - Le livre de la mer, ou l'art de pêcher un requin géant à bord d'un canot pneumatique sur une vaste mer au fil de quatre saisons

Jeudi 2 février est paru Le Livre de la Mer, ou l'art de pêcher un requin géant à bord d'un canot pneumatique sur une vaste mer au fil de quatre saisons, le  livre de Morten Strøksnes que j'ai traduit du norvégien. On pourrait penser que le titre dit déjà tout. Ce n'est pas tout à fait exact... Reprenons:

Un soir de juillet, Morten Strøksnes reçoit un coup de fil de son ami Hugo Aasjord, artiste-peintre qui vit à Skrova, dans le nord de la Norvège. Ça y est, les conditions météo sont enfin idéales pour partir à la pêche au requin du Groenland. Deux jours plus tard, il a quitté Oslo. Commence alors la première de leurs quatre tentatives pour capturer un spécimen de cet animal méconnu, qui hante les mers polaires. Leur quête va courir sur un an, au fil des saisons, au cœur des îles Lofoten, haut lieu de la pêche à la morue. Eux, ils veulent pratiquer la pêche à l’ancienne, avec une ligne et un hameçon gros comme un croc de boucher, avec pour appât un bout de carcasse de bœuf ou un morceau de graisse de baleine. À bord du Bombard d’Hugo, ils vont affronter les éléments, les vents, les tempêtes, l’attente, les pannes de moteur, les échecs, et ils vont connaître l’ivresse du combat contre une bête d’une tonne. Et leur pêche leur apprendra que la nature triomphe toujours de l’homme.

Le Livre de la mer, c’est bien sûr le récit d’une année de pêche au requin du Groenland, pleine d’émotions, de joies et de frustrations, mais c’est aussi un ouvrage documentaire où s’entremêlent la vulgarisation de qualité, la défense de l’environnement, les observations insolites et surtout, des bonnes histoires sur la mer. Une mer qui est examinée et étudiée à travers l’Histoire, les récits, la science, la poésie et les mythes. Une mer des origines, une mer nourricière, une mer qui recèle une faune immense. Pour l’auteur, cette mer est une source inépuisable d’étonnement, de découvertes et d’aventures. Qu’il s’agisse du plancton ou du cachalot, de la construction des phares ou de l’évolution de la biologie marine, Morten A. Strøksnes en parle avec la même passion et la même intuition poétique.