Nous, les enfants de l'archipel - Astrid Lindgren

Astrid Lindgren - Nous les enfants de l’archipel
(Vi på Saltkråkan)

Aujourd’hui, ce 11 mai, c’est la parution du roman inédit en français d’Astrid Lindgren: « Nous les enfants de l’archipel » (Vi på Saltkråkan), à L’École des Loisirs, superbement illustré par la grande Kitty Crowther.

À l’origine, "Vi på Saltkråkan" est une série télé en 13 épisodes dont Astrid Lindgren est la scénariste, qui suit la famille Melkerson sur la petite île de Saltkråkan, aux confins de l’archipel de Stockholm.

Cette série a connu un succès phénoménal en Suède, et dans le reste des pays scandinaves. Aujourd’hui encore, elle fait partie de la culture suédoise. Puis Astrid Lindgren a novelisé son scénario, pour en faire ce roman. C’est un livre réaliste à la différence de "Fifi", "Ronya", "Mio, mon Mio", ou "Les Frères Cœur-de-Lion". C’est un livre dont les personnages forts et positifs sont tous des filles – sans pour autant écraser les garçons. Ce qui est très novateur en 1964, et qui montre à quel point il était naturel pour Astrid Lindgren de dépasser les stéréotypes de genre.

Ce livre est un condensé de l’art d’Astrid Lindgren – avec des personnages complexes, des angles de vue différents (un narrateur omniscient, le journal de Malin, le regard des enfants), des dialogues savoureux, de l’humour, de l’ironie, du comique de répétition, l’absence totale de jugement, les joies et les moments forts, la mort et la vie. Car, oui, "Vi på Saltkråkan" est un hymne à la vie et à la nature. Une vie et une nature complexes, qui donnent, et qui reprennent. Une philosophie explicite : « ce jour, une vie », savoir profiter de l’instant, du moment, du quotidien, de ce que chaque saison peut offrir.

J’aurais envie de dire que « Nous, les enfants de l’archipel » est l’opposé exact d’un roman noir. C’est un livre chaleureux sans être mièvre, positif sans être moralisateur. Un roman ancré dans son époque, les années 1960, en Suède, et qui a magnifiquement bien surmonté l’épreuve du temps.

Cette année, en 2022, cela fait 28 ans que je traduis Astrdid Lindgren. J’ai traduit 14 titres d’elle, plus l’excellente biographie que lui a consacré Jens Andersen, « Astrid Lindgren, une Fifi Brindacier dans le siècle ». Je peux dire que c’est un compagnonnage au long cours, et que l’œuvre d’Astrid Lindgren m’a marqué, comme traducteur, mais surtout comme être humain. Tout comme je sais qu’Astrid a marqué des générations de personnes, en Suède et ailleurs, et qu’elle va continuer à le faire.

Le rocher tombé du ciel - Jon Klassen - Pastel

Le rocher tombé du ciel - Jon Klassen

Il y a un mois environ est sorti chez Pastel le superbe album de Jon Klassen, Le rocher tombé du ciel.

« J’aime bien rester à cet endroit », dit une tortue à chapeau à un tatou qui passe par là.
« J’ai un mauvais pressentiment » répond celui-ci. « Je vais aller voir si c’est mieux là-bas qu’ici. »
Ce n’est pas seulement l’histoire d’un endroit, c’est aussi celle d’un astéroïde, d’un alien et même celle de notre destinée.

Et vu les trucs de la taille d’astéroïdes qui nous tombent sur le coin de la figure depuis un peu plus de deux ans, je trouve que cet album de 96 pages tombe à point nommé.

Jon Klassen? C’est un croisement entre un jeune artiste canadien et un surréaliste exigeant avec son public qui produit des livres pince-sans-rire pour les (très jeunes) enfants et les (très) vieux lecteurs. Évidemment, ce n’est donc pas pour tout le monde.

C’est le cinquième album de Jon Klassen que je traduis.
Je ne m’en lasse jamais.

Traduction des Vainqueurs de Roy Jacobsen

Traduction…
Aujourd’hui, j’ai terminé la traduction du merveilleux roman de Roy Jacobsen, Seierherrene - Les Vainqueurs. Cela m’a pris un an. Un an dans la vie d’un traducteur. 1,25 millions de signes.
Il devrait se trouver dans toutes les bonnes librairies à la rentrée. J’en reparlerai. Aujourd’hui, je dirais simplement que ce roman paru en 1991 est unanimement considéré comme un classique des lettres norvégiennes. C’est un des plus grands succès de ces dernières décennies, parce qu’il s’agit d'un roman dans lequel la Norvège se reconnaît, et qui explique et montre les changements que le pays a connus entre les années 1920 et 1990.

La Ruche - Nantes - Lecture musicale - 19 novembre 2020

Le jeudi 19 novembre prochain, je serai au Théâtre La Ruche, à Nantes, pour parler de mon roman « Le Pays de l’horizon lointain ». Entretien et lectures au programme! La soirée sera conduite avec subtilité par Jean-Louis Bailly, et la contrebasse de Simon Mary fera un contrepoids au poids des mots. Rendez-vous à 20:30.

France Bleu - Chronique sur le Pays de l'horizon lointain - Librairie L'Embarcadère

Après l'image, le texte, voici le son! La librairie L'Embarcadère, à St Nazaire, a mis "Le Pays de l'horizon lointain" en coup de cœur, ce qui est déjà formidable.

Ensuite, merci beaucoup à la libraire Sarah Trichet-Allaire, qui a chroniqué le livre sur France Bleu pour la "Sélection Livres" de la station!
Enfin, je serai à L'Embarcadère le samedi 16 mai, pour parler du livre! J'en reparlerai…

https://www.francebleu.fr/emissions/selection-livres/loire-ocean/le-pays-de-l-horizon-lointain-d-alain-gnaedig-librairie-l-embarcadere-a-saint-nazaire?fbclid=IwAR3WGu5PDGgS_-meZaB3bZp04Nu55lZWrtPFu51jyFEBMTuIl4s4k-KUkYY


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L'Humanité - Critique du Pays de l'horizon Lointain

Très belle chronique de Jean-Claude Lebrun, parue dans L'Humanité du jeudi 5 mars, sur « Le Pays de l'horizon lointain ». Il souligne certaines perspectives et références qui structurent le roman.



"Cet élégant petit livre mérite assurément l'attention."


"Les références cachées jalonnent en effet le récit qu'Alain Gnaedig déroule à la façon d'un calendrier, avec des dates en tête des courts chapitres. Ainsi, le 21 juin 1791, Walter Grassie, maintenant revenu au pays, s'il avait "à nouveau tenu un journal", signale malicieusement le narrateur, "aurait été tenté d'écrire “rien”". À l'instar de Louis XVI le 14 juillet 1789. Ce 21 juin 1791, celui-ci était justement arrêté à Varenne…"



"Il assiste au grand spectacle d'une rupture historique, en décrit et dessine des épisodes, sans forcément en saisir tout le sens. Mais il en consigne minutieusement les symptômes, en voyageur toujours curieux. Ce fut pour lui d'abord une "orgie de sensations", en illustration du matérialisme des Lumières, pour lequel les idées ne peuvent venir que des sens. Locke n'est pas loin. Tout comme Stendhal, dans l'écriture de ce texte subtil et délicat, magistralement composé, qui interroge les modalités de notre inscription dans l'Histoire"


https://www.humanite.fr/la-chronique-litteraire-de-jean-un-homme-des-lumieres-685723

analyse critique du Pays de l'horizon lointain sur le site de La Viduité

Il est paru une analyse critique extrêmement fouillée et intelligente du Pays de l'horizon lointain sur le site de La Viduité.


(…) En ses très brefs chapitres, Le pays de l’horizon lointain décrit ce qui nous échappe, les soubresauts du plaisir, les tumultes de l’histoire collective, tous les symboles dont on se leurre pour affronter perte et passage du temps.
(…) La naissance du capitalisme est schizophrène. Le pays de l’horizon lointain sait montrer toutes les faces de cette même pièce. Le côté lumineux d’un désir de savoir, de compréhension, les Lumières contre les ténèbres de la superstition, côté obscur, le protestantisme et son éthique du capitalisme (un élu amasse de l’argent) mais aussi face à la classification de la Nature s’oppose le cabinet de curiosité. On entasse et on cède à l’étrange. À la philosophie des Lumières, l’horizon du roman dessine déjà la montée du romantisme, son goût du faux ou nom du pittoresque, de la couleur locale mais aussi d’une revendication d’une histoire propre chez les nations en souffrance comme celle écossaise. 
(…) Une angoisse que ce roman nous permet de comprendre : « Dans l’éternel présent de leur cabinet, ils n’étaient toutefois que de simples obsédés de la caducité des choses. » Tout romancier, in fine, ne fait pas mieux que Walter Grassie : il paie en fausse-monnaie son acharné refus du temps perdu. Insistons encore sur le fait que Le pays de l’horizon lointain parvient à n’être pourtant nullement théorique : le lecteur se laisse porter par les autres évidences effleurées dans le voyage par Walter, sa quête des sens, son amour éperdu et l’élégante mélancolie qui enchante les pages de ce bref roman.